DOCUMENTAIRE « DOSE LETALE »
Un très bon documentaire de notre ami : Clément Wittemann
A voir prochainement.
Journée nationale d’action contre l’austérité + journée nationale « séme ta zad »

JOURNEE NATIONALE D'ACTION CONTRE L'AUSTERITE + JOURNEE NATIONALE "SEME TA ZAD"
SAMEDI 13 AVRIL
- le collectif contre l'aéroport de Notre Dame Des Landes et tous les Grands Projets Inutiles Imposés
- Démocratie Réelle
- le Droit Au Logement 06
vous invite à une journée d'action
à l'occasion de la
JOURNÉE INTERNATIONALE CONTRE L'AUSTÉRITÉ
JOURNÉE NATIONALE "SÈME TA ZAD"
12h30 PLACE MASSENA
Repas de Rue partagé / Animations / Baticauda etc...
15H MANIF DE MISE EN CULTURE DES TERRES
Transport organisé
Venez pioches, râteaux, fourches, graines et semis en main !
votre bonne humeur, de quoi camper, faire de la musique etc...
Pourquoi une journée d'action ?
 Seme ta ZAD : Appel à occupations agricoles à l'appel de la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes
Après plus de 40 ans de combat contre l'aéroport et plus de 3 ans d'occupation sur le terrain, nous paysan.e.s en lutte, habitant.e.s qui résistent, compagnon.e.s venu.e.s de toute la planète...
avons préservé les terres de la ZAD du saccage aveugle et de l'urbanisation stérile. Plusieurs générations de paysan.e.s ont façonné le bocage et l'histoire autour de Notre Dame des Landes. A travers les combats syndicaux des travailleurs et travailleuses paysan.e.s, jusqu'à la bataille contre l'aéroport, l'esprit de résistance s'est transmis dans cette région. Pourtant sous la pression de l'état, certain.e.s habitant.e.s et exploitant.e.s agricoles ont été contraint.e.s de céder leurs terres à Vinci.
Actuellement 250 Ha sont libres. Ensemble nous garderons ces terres et nous continuerons à les cultiver collectivement ! Nous sommes déjà nombreu.x.ses à nous organiser sous diverses formes collectives, mais il reste de la place pour d'autres projets. Nous invitons les paysan.e.s sans terre de tous horizons à nous rejoindre sur la ZAD. Pour que les cultures puissent commencer au printemps, nous vous proposons de réfléchir dès maintenant à ces installations de long terme. En respectant cette terre d'accueil venez vous installer avec vos envies, vos outils et votre «cabane de jardin», c'est réellement un des meilleurs moyens de lutter.
Sur la plaine du var et dans tout le département....
Nous luttons ici contre les grands projets nuisibles comme le bétonnage de 10 000 hectares de terres au profit du privé sur la plaine du var qui exproprie des personnes âgées pour la plupart pour une poignée de figues, mais plus largement contre le pillage de la Terre et la privatisation du vivant. Par nos modes de vie et nos actions, nous sommes aussi concrètement en lutte contre les pratiques de l'agriculture productiviste sous perfusion européenne, qui gave les animaux et les humains : d'ogm, d'engrais, de pesticides, de produits chimiques...
Nous luttons contre la contamination des sols, des eaux, du monde vivant, de l'atmosphère, contre le bouleversement climatique... contre la destruction de l'agriculture vivrière partout dans le monde, qui fragilise les sociétés humaines et entraîne des famines, contre les lobbys agro-alimentaires qui contraignent les agricultrices et agriculteurs à l'endettement, à la production
normalisée, à la course au rendement et l'ensemble de l'humanité à une insensée dépendance au pétrole pour se nourrir.
La résistance au cataclysme capitaliste passe par l'indépendance
alimentaire locale. Nous sommes nombreu.x-ses à défendre cette terre pour qu'elle ne soit pas dévastée et nous continuerons à la défendre pour qu'elle ne redevienne pas un produit marchand pollué. Nous voulons que l'eau, la terre, se loger, se nourrir sainement, soient accessibles et gratuits
pour toutes et tous. Nous avons donc répondu à l'appel à créer des agri-collectifs autonomes et solidaires sur la ZAD, et vous demandons de vous joindre à nous pour que nous développions ensemble, progressivement, notre autonomie alimentaire et notre diversité culturelle.
C'est la multitude des cultures, des expériences de vie et de lutte qui font la richesse de la ZAD. Montrons aux parasites politiques que la croissance fertile est ici. Pour que cette énergie vitale s'épanouisse, nous
continuerons à nous enraciner ici et à polliniser le reste de la Terre.
Le 13 Avril 2013, en relation avec la journée mondiale des luttes paysannes, nous appelons toutes les personnes qui soutiennent notre mouvement à participer à une grande manifestation de mise en culture des terres de la ZAD
Une lutte contre les terres et contre l'esbrouffe politicienne qui nous qualifie de fainéants anti-tout !
Le Droit au Logement 06 a souhaité s'associer à cette initiative car des personnes sont actuellement expulsées de leur logement à la fin de la trêve hivernale. Ce alors que Mr Estrosi clame qu'il veut construire des logements dans la plaine du var car il n'y en a pas assez. Comment se fait-il alors que l'INSEE ait recensé près de 30 000 logements vides à l'année sur l'ex-périmètre de Nice Côte d'Azur ? que le parc HLM soit dans un état catastrophique alors que les finances de Côte d'Azur Habitat, la Société d'Economie Mixte présidée par Mme Estrosi-Sassone, se portent bien ? des logements vides, des personnes expulsées alors qu'il existe une loi de réquisition applicable et que la ville peut préempter ou accompagner des DALO .... mais sinon bétonner les terres fertiles c'est pour faire du social .....
Nos combats et revendications sont complémentaires car ce n'est pas en expropriant des populations entières, les privant de leur ressource en eau et en alimentation, endettant la ville et la métropole de manière illégale et irraisonnée qu'on peut se prétendre maire de l'écologie et du social !
Nous pourrions très bien aussi parler d'économie ! Mr Estrosi se targue de vouloir développer un pôle économique sur la plaine du var. Ce alors que les bureaux de l'Arénas sont à moitié vides, que les petits commerçants nécessaires à la vie des quartiers ferment tous les jours, que l'agriculture source d'économie non-délocalisable est massacrée, que les éco-industrie de carros ont été lâchement abandonnées, que les emplois de ces projets de bétonnage sont des emplois sous-traités, sous-payés et pas des emplois locaux (polonais et portugais sous contrat allemand). Rappelons qu'il y a eu trois morts et cinquantes blessés graves sur le grand stade, c'est sur c'est de l'économie durable pour Nice !
Démocratie Réelle : nous ne paierons plus leur crise journée internationale d'action
Le 13 avril doit être le début de la (R)évolution en France. Notre tâche est difficile ,mais nous devons le faire, nous devons nous révolter contre ce système politique corrompu, dans lequel toute la caste politique actuelle (de droite ou de gauche) travaille pour les grandes entreprises et les banques, mais pas pour le peuple ! Dans tout les pays du monde les gens se lèvent contre ce système. Et nous ? Qu'attendons nous ? ►► 2013 ►►► SOUFFLONS SUR LES BRAISES
Il doit y avoir un pouvoir de la rue, un pouvoir du peuple. Le changement ne viendra pas seulement de la rue, mais aussi de soi-même.
Comment ? En changeant ses habitudes de vie : " Soyons le changement que l'on veut voir "
C'est donc avant tout une démarche personnelle.
Par exemple : Achetez vos légumes chez un agriculteur du coin et non dans les grands supermarchés ou autre. Prenez les informations sur internet et n'écoutez plus les médias qui vous manipulent à longueur de journée !
Quant au système économique, celui-ci privilégie les profits des actionnaires des grandes entreprises, plutôt que la vie quotidienne des citoyens de notre pays, de notre monde.
Nous devons changer cela, faire disparaître les inégalités sociales, économiques.
Nous sommes le changement, le vrai.
Mobilisez-vous le 13 avril, pour le commencement de la (R)évolution.
Soutien du PPLD : OGM – 1er procès de la mutagénèse (Lundi 26 novembre 2012 à Tours)
Le Réseau Objection de Croissance ce joint au PPLD en soutient à nos amiEs faucheuses et faucheur.
Loin d’être chargé de désespoir, l’acte de désobéissance civile est avant tout salutaire. C’est le pas en avant nécessaire à la préservation de notre dignité, à l’exigence de lois plus justes pour défendre la vie, la justice sociale… C’est le passage à l’acte du : « Non, c’est inacceptable ! ».
En prenant part de manière intentionnelle et consciente aux revendications des désobéissants en tout genre, nous proposons à chacun la possibilité d’être acteur. Nous pouvons agir pour ne ne plus ressentir l’oppression dans nos vies d’une certaine confiscation du bien commun, l’impuissance face aux agissements dévastateurs en cours sur notre planète à l’égard de la biodiversité et de ses grands équilibres naturels…
En refusant de nous soumettre à l’ordre que veut nous imposer un système capitaliste injuste et inhumain, on prend la mesure de notre capacité d’action. Aussi éphémères, voire insignifiantes, que puissent paraître ces contestations publiques, elles réinterrogent notre responsabilité et nos valeurs citoyennes.
Les Faucheurs Volontaires mènent un combat contre la main mise de quelques multinationales sur l’alimentation mondiale. Depuis 2004 et le premier fauchage sous leur égide, leurs « petites frasques délictueuses » leur ont coûté environ… 2 millions d’euros !
Ils ont toujours tout payé grâce aux soutiens financiers solidaires en vendant de la bière, du pain d’épices, des T-shirts, des badges, du vin, etc… et en faisant appel, notamment, au nombreuses actions menées par les collectifs locaux disséminés un peu partout en France.
Si nous ne pouvons pas, ne souhaitons pas ou ne savons pas comment contribuer nous aussi à cette désobéissance civile salutaire, sachons au moins soutenir ceux qui le font pour nous.
Ils sont les faucheurs du mépris porté sur nos vies… en couchant ces champs d’OGM, ils relèvent notre ardeur à défendre ce qui doit rester debout : le respect, le partage, la solidarité, la préservation de notre planète !
Parti Pour La Décroissance
Du Samedi 24 au Lundi 26 Novembre
Soutenons les Faucheurs d’OGM devant la justice pour le premier procès sur les plantes pesticides brevetées issues de la mutagénèse (OGM cachés)
Rassemblement Lundi 26 à partir de 11h devant le Tribunal Place J.Jaurès à Tours
3 faucheurs seulement seront jugés, alors que plus de 120 avaient, en août 2010, fauché partiellement 2 plate-formes d’essai de variétés de tournesol muté, tolérantes à un herbicide.

L’ensemble des participants avaient revendiqué leur acte, et vont continuer à le faire. La plupart seront présents au procès, dont une dizaine de notre région.
Mais il est indispensable qu’on soit beaucoup plus nombreux à être présents pour montrer notre détermination à refuser ces OGM cachés, pesticides et brevetés. Rappelons qu’en Rhône-Alpes, entre 30 et 50% des cultures de tournesol sont des OGM cachés, et que le colza a sans doute déjà été semé cet automne
Un covoiturage est organisé pour un départ de Givors et Saint-Etienne ce dimanche 25 au matin, et pour un retour le lundi 26 dans la nuit ou le mardi 27 au matin suivant la durée du procès. L’hébergement est organisé sur place.
Si vous êtes partants, merci de nous le signaler très rapidement sur [faucheurs69.42@no-log.org] en précisant un n° de téléphone pour des consignes plus précises.
Source : http://lenumerozero.lautre.net/article2490.html
A soutenir aussi en musique : http://www.youtube.com/watch?v=JX-SaTCyf8s
Collectif de citoyens des Alpes-Maritimes exprimant leur solidarité avec les opposants à l’aéroport de Notre-Dame Des Landes et les habitants de la « Zone A Défendre »

Contre tous les Grands Projets Inutiles & Imposés
Collectif de citoyens des Alpes-Maritimes exprimant leur solidarité avec les opposants à l'aéroport de Notre-Dame Des Landes et les habitants de la "Zone A Défendre"
DU BETON EN PLUS, DES BONS LEGUMES EN MOINS !
Solidarité avec les militants contre l’aéroport de Notre Dame Des Landes et tous les Grands Projets Inutiles
C'est le projet de Vinci (les péages, les parkings payants :c'est eux..) Avec la complicite du gouvernement !
Près de Nantes, ils veulent construire un 2ème aéroport sur 2000 hectares.
Résultat : destructions illégales de maisons, matraquage des habitants qui osent résister, ravages de kilomètres de terres fertiles, maraîchers au chômage.
Tout cela grâce à l'argent du contribuable !
Des gens sans scrupule bafouent les droits de l'homme, au nom de quoi...?
INFORMEZ VOUS !
Site de la ZAD :
http://zad.nadir.org/
http://www.facebook.com/groups/nddl06/
Vinci est aussi dans votre ville à vos frais : parkings, peages, grand stade etc... Assorti du bétonnage de 10 000 hectares sur la plaine du var (...)
(l'une des terres les plus fertiles d'Europe)
Rappel ce soir : Lancement du comité de militants 06 en soutien à NDDL

DU BETON EN PLUS, DES BONS LEGUMES EN MOINS !
Solidarité avec les militants contre l’aéroport de Notre Dame Des Landes et tous les Grands Projets Inutiles
C'est le projet de Vinci (les péages, les parkings payants :c'est eux..) Avec la complicite du gouvernement !
Près de Nantes, ils veulent construire un 2ème aéroport sur 2000 hectares.
Résultat : destructions illégales de maisons, matraquage des habitants qui osent résister, ravages de kilomètres de terres fertiles, maraîchers au chômage.
Tout cela grâce à l'argent du contribuable !
Des gens sans scrupule bafouent les droits de l'homme, au nom de quoi...?
INFORMEZ VOUS !
www.zad.nadir.org
Vinci est aussi dans votre ville à vos frais : parkings, peages, grand stade etc... Assorti du bétonnage de 10 000 hectares sur la plaine du var (...)
(l'une des terres les plus fertiles d'Europe)
Seule solution : RÉAGIR
Comment : en étant plus nombreux à y croire
Aujourd'hui moi, demain toi...?
Pour se rencontrer, s'informer et s'activer RDV :
SAMEDI 10 NOVEMBRE Ã 18h00
à la boutique associative la FALABRAC FABRIK
3 rue Benoît Bunico, vieux Nice
Arret du tram "cathedrale vieille ville" puis descendre la rue centrale, prendre la premiere a gauche (rue du collet) puis la premiere a droite (rue benoit bunico).
contact : 0650dix7981
*images sur youtube : notre dame des Landes
Lancement du comité de militants 06 en soutien à NDDL
DU BETON EN PLUS, DES BONS LEGUMES EN MOINS !
Solidarité avec les militants contre l’aéroport de Notre Dame Des Landes et tous les Grands Projets Inutiles
C'est le projet de Vinci (les péages, les parkings payants :c'est eux..) Avec la complicite du gouvernement !
Près de Nantes, ils veulent construire un 2ème aéroport sur 2000 hectares.
Résultat : destructions illégales de maisons, matraquage des habitants qui osent résister, ravages de kilomètres de terres fertiles, maraîchers au chômage.
Tout cela grâce à l'argent du contribuable !
Des gens sans scrupule bafouent les droits de l'homme, au nom de quoi...?
INFORMEZ VOUS !
www.zad.nadir.org
Vinci est aussi dans votre ville à vos frais : parkings, peages, grand stade etc... Assorti du bétonnage de 10 000 hectares sur la plaine du var (...)
(l'une des terres les plus fertiles d'Europe)
Seule solution : RÉAGIR
Comment : en étant plus nombreux à y croire
Aujourd'hui moi, demain toi...?
Pour se rencontrer, s'informer et s'activer RDV :
SAMEDI 10 NOVEMBRE Ã 18h00
à la boutique associative la FALABRAC FABRIK
3 rue Benoît Bunico, vieux Nice
Arret du tram "cathedrale vieille ville" puis descendre la rue centrale, prendre la premiere a gauche (rue du collet) puis la premiere a droite (rue benoit bunico).
contact : 0650dix7981
*images sur youtube : notre dame des Landes
GPII et Zone A Défendre : Notre Dame des Landes et autres espaces-temps à se réapproprier
Paru sur : http://moinscplus.blogspot.fr/
Que se passe-t-il à Notre Dame des Landes ?
"En petit", le même mécanisme que subit la société dans son ensemble : démesure, confiscation des biens communs, déni de démocratie, violence d'Etat.
Le monde de la croissance qui se cabre face au mur.
Et heureusement en même temps : mobilisation citoyenne, actions non violentes, multitude de lignes de conflits :
sur le sens même du projet et du besoin d'un "machin plus grand",
sur le sens du transport aérien aujourd'hui et demain,
sur la bonne utilisation des ressources (en terres, en énergie, en argent public),
sur l'utilisation des terres arables et l'alimentation,
sur la relocalisation de l'économie,
sur les processus de prise de décision qui aboutissent à cela,
sur la cohérence de la parole des élus,
sur la place des habitants-usagers d'un territoire dans des décisions qui impactent leur devenir concret,
sur les soi-disants "partenariats" public-privé,
sur la place des grands groupes du BTP en France,
sur le financement des investissements collectifs,
sur l'action des forces de l'ordre,
sur la désobéissance civile,
sur le droit à l'expérimentation sociale (d'autres modes de vie et d'habitat).
La ZAD, c’est pour les aménageurs la Zone d’Aménagement Différé ; pour nous une Zone À Défendre : un bout de campagne à quelques kilomètres de Nantes (Bretagne) qui devrait, pour les décideurs, laisser place à un aéroport international.
Site des occupant⋅e⋅s de la ZAD, territoire prévu pour la construction du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes. : http://zad.ndir.org/
D'autres blogs pour des infos sur la lutte :
http://nddlagirdesobeir.noblogs.org/
http://lutteaeroportnddl.wordpress.com/
http://nantes.indymedia.org/
Manifestation de réoccupation de la ZAD le 17 novembre 2012 !
Un appel décalé et non-violent de l'ami Thierry : Vous, le bâton. Nous, les carottes
Pour élargir à ce que nous appelons les Grands Projets Inutiles Imposés (GPII).
Un autre exemple pointé du doigt par l'Etat lui même :
La Cour des comptes pointe du doigt la dérive financière du tunnel ferroviaire Lyon-Turi
Pour montrer la démesure des enjeux financiers et technologiques par rapport aux besoins réels des gens....
Faut-il toujours plus de croissance ?
Controverse, par Sabrina Kassa| 21 septembre 2011 sur Regards.fr
S’appuyant sur la crise financière et celle de la dette actuelles, le chercheur Philippe Askenazy et le professeur Jean Gadrey démystifient l’idée que croissance égale bonne santé économique d’un pays. Ils nous expliquent en quoi elle est un danger écologique et économique et proposent des alternatives possibles .
Regards.fr : Pourquoi la croissance fait-elle aujourd’hui débat ? Est-ce un bon indicateur du progrès et de la prospérité ?Â
Jean Gadrey : La croissance est en question pour de multiples raisons. Une progression de 2 % par an de la consommation par habitant signifierait que nos descendants consommeraient six fois plus de biens en 2100, 40 fois plus en 2200, etc. Quand arrête-t-on cette course folle pour réfléchir aux fondamentaux du bien-vivre ? La croissance ne tient plus ses promesses de progrès social dans les pays riches. Les statistiques mondiales montrent que les grands indicateurs de progrès humain ne sont pratiquement plus corrélés au PIB par habitant au-dessus d’un seuil que nous avons dépassé en France depuis les années 1970 ! Enfin, la crise écologique est désormais l’argument principal. Les pays qui ont le plus gros PIB par habitant sont en tendance ceux qui ont la plus forte empreinte écologique par habitant, les plus hauts niveaux d’émission de gaz à effet de serre et de consommation de ressources du sol et du sous-sol. La croissance est l’explication principale de la crise écologique. C’est à la fin des Trente Glorieuses que l’humanité a commencé à émettre plus de CO2 que ce que la nature peut « absorber », et nous en sommes aujourd’hui à deux fois plus. Il y a de quoi être « atterré »…
Philippe Askenazy : La croissance fait actuellement débat, essentiellement parce qu’elle fait défaut dans la plupart des pays développés ; la Chine peut s’interroger sur le risque de surchauffe de son économie mais pas sur la pertinence de la croissance. L’absence d’une progression forte du PIB dans nos économies se double d’une répartition de ses fruits profondément inégalitaire. Ils sont essentiellement accaparés par une toute
petite partie de la population, de l’ordre de 1 % dans de nombreux pays, dont la France. Cette inégalité explique en grande partie pourquoi elle n’est plus nécessairement synonyme de progrès humain. En retour, l’inégalité est un obstacle à reconstruire une croissance saine. En effet, elle ne permet pas le développement de services à hautes valeurs ajoutées, comme la santé ou l’éducation. Ces services seraient également une
réponse à une autre interrogation : la croissance est-elle écologiquement soutenable ? La croissance n’est pas condamnée à être carbonée.
Regards.fr : La croissance est-elle la solution pour lutter contre le chômage et sortir de la crise financière ?Â
Jean Gadrey : Pour la crise financière, lessolutions, avec ou sans croissance, se trouvent d’abord dans la reprise en main par les citoyens de la finance, de la création monétaire et du crédit : ce sont des biens communs, dont la privatisation depuis les années 1980 explique largement la situation actuelle. S’agissant du chômage, il est clair que, si, en France et en Europe, la croissance est nulle ou négative dans les prochaines années, ce sera grave pour l’emploi, pour les dettes publiques et pour les investissements de la transition écologique et sociale. On ne quitte pas comme cela un régime productiviste, pas plus qu’on ne quitte instantanément
le nucléaire, la civilisation de la voiture et des camions, l’agriculture conventionnelle, etc. On aura encore probablement des gains de productivité globaux pendant quelques années. Il faut donc engager au plus vite un virage antiproductiviste et viser la sobriété matérielle et énergétique équitable. Combien de temps cela prendra-t-il ? Tout dépendra des décisions politiques et donc des mouvements sociaux. Un véhicule
qui court vers le précipice et qui a une forte inertie doit prendre à temps un virage à 90 degrés, mais cela ne peut pas être instantané.
Philippe Askenazy : La croissance n’est pas une solution à la crise financière. Cette dernière est le résultat d’une régulation insuffisante des activités financières, d’institutions politiques mal construites – la crise de l’euro en est une illustration — et des inégalités sociales, qui poussent les uns à s’endetter et les autres à spéculer. De fait, la crise financière, en entretenant une instabilité dans la sphère réelle, est un obstacle à la
croissance, pas une conséquence d’une faible croissance. En revanche, développer de nouvelles activités est mécaniquement la solution pour créer des emplois. Cela ne se traduit pas nécessairement par un PIB plus élevé. A nouveau, les inégalités sont telles que prendre la capacité d’épargne accumulée dans la dernière décennie par les 1 % les plus aisés de la population française permettrait à l’Etat de créer 1 million d’emplois, dont la productivité sociale serait élevée, mais faible au regard du PIB qui est à la base de la mesure actuelle de la croissance.
Regards.fr : La croissance est-elle compatible avec la rareté des ressources, notamment énergétiques ?Â
Jean Gadrey : La « croissance verte » me semble une illusion scientiste. Deux arguments parmi d’autres : pour atteindre les objectifs du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du Climat (GIEC), il faudrait que les pays riches divisent par 5 leurs émissions de CO2 d’ici 2050, soit en moyenne une réduction de 4 % par an (c’est le pourcentage de réduction réalisée en France… en dix ans). Un tel objectif est déjÃ
très ambitieux. Mais, avec une croissance de 2 % par an, il faudrait réduire les émissions de 6 % par an par unité produite. Aucun scénario ne permet de croire que c’est possible. Michel Husson et Tim Jackson ont montré séparément que l’atteinte des objectifs du GIEC est incompatible avec la poursuite de la croissance dans le monde, donc, a fortiori, chez nous. Deuxième argument : on est proche du pic à partir duquel la production mondiale de pétrole va décroître inéluctablement et son prix s’envoler. Selon certains experts, on y serait déjà . Si l’on ajoute que bien d’autres pics vont être atteints dans les dix à trente ans à venir, pour presque tous les minerais de base de l’abondance matérielle (plomb, argent, cuivre, uranium, nickel…), sans parler des terres arables de plus en plus convoitées, de l’eau et des forêts, on peut parier que, quoi que l’on fasse, la croissance et les gains de productivité vont cesser. Il serait sage d’anticiper le virage vers un autre modèle, plutôt que de subir une gigantesque récession mondiale.
Philippe Askenazy : Contrairement à une idée reçue qui émerge de manière récurrente depuis le premier choc pétrolier, la croissance est parfaitement compatible avec la rareté des ressources, même dans ses fondements actuels, c’est-à -dire très consommateurs. Premièrement, il ne faut pas sous-estimer les capacités d’innovation et de substitution des énergies fossiles. Deuxièmement, les scénarios les plus sombres
en matière de réchauffement climatique demanderaient des coûts d’adaptation pour les économies développées qui peuvent sembler importants, mais qui sont très faibles au regard de la création historique de richesses. Pour un pays comme la France, les scénarios économiques ne sont même pas nécessairement défavorables, certaines régions étant perdantes, mais d’autres gagnantes ! L’essentiel du coût relatif sera supporté par des pays du Sud. Cela ne signifie pas qu’il soit souhaitable d’ « abîmer la nature », mais il ne faut pas attendre de celle-ci qu’elle oblige la sphère économique à changer profondément sa nature.
Regards.fr : Y a t-il d’autres moyens pour sortir de la crise ?Â
Philippe Askenazy : Cette question est très délicate. Actuellement, les économistes ne sont pas encore capables d’expliquer les mécanismes à l’oeuvre lors de la crise, ou plutôt ils ont trop d’hypothèses pour aider à la prescription politique d’un point de vue pratique. En gros, deux hypothèses sont possibles : l’une fait porter le poids de la crise sur la mécanique financière, l’autre porte sur la profondeur des inégalités. Dans un cas, il faut changer la gouvernance des marchés, dans l’autre, il faut modifier les rapports de force sociaux. Ce n’est vraiment pas le même type de politique !
Regards.fr : A quoi ressemblerait un monde sans croissance, et quels seraient les moteurs de l’économie ?Â
Jean Gadrey : Il faut viser un changement de modèle productif et de modes de vie, un tournant antiproductiviste. On peut avoir du développement économique durable, innovant et riche en emploi, sans croissance. La plupart des processus de production propre, les plus doux avec la nature et aussi en termes de conditions de travail, exigent plus de labeur (que les productions surexploitant les ressources naturelles) pour produire les mêmes quantités, mais d’une tout autre qualité. Supposons que l’on remplace en quelques décennies l’agriculture productiviste, destructrice d’environnement et de santé, par de l’agriculture biologique de proximité. Sans croissance des quantités, il faudrait 30 à 40 % d’emplois en plus. La part de la valeur ajoutée agricole progresserait, et, surtout, la qualité et la durabilité de la production seraient bouleversées positivement. Je fais dans mon livre Adieu à la croissance un bilan de la conversion écologique et sociale de tous les secteurs de l’économie. En termes d’emplois, ce bilan serait vraisemblablement positif, sans croissance globale.
Philippe Askenazy : Les futuristes imaginent des mondes sans croissance. Pour ma part, je pense qu’il faut procéder plutôt par un inventaire des besoins des populations. Cet inventaire désignera des voies nécessaires
de progrès économiques et sociaux, qui, en retour, généreront une croissance, qui n’est pas une fin en soi, mais simplement la résultante du développement des activités offertes à la population.
Regards.fr : Les pays en difficulté aujourd’hui, comme la Grèce ou le Portugal, peuvent-ils se passer de croissance pour rééquilibrer leur finance publique ?Â
Jean Gadrey : La plus grande partie de leurs difficultés ne provient pas d’une panne de croissance mais de la domination des marchés financiers sur l’économie et sur les dettes publiques. Mais, évidemment, si en plus de ces facteurs financiers, on ajoute une récession, cela ne va pas arranger leurs affaires ! Donc, c’est clair, à court et moyen termes, il faut les aider à sortir de la récession par la solidarité et surtout par une action résolue contre la finance de marchés. Mais, même dans leur cas, une autre relance est possible, plus verte et plus sociale, avec une forte réduction des inégalités qui plombent leurs sociétés et leurs finances publiques.
Philippe Askenazy : La situation de chacun de ces pays est particulière. La Grèce, qui cristallise les craintes, ne manquait pas de croissance avant la crise. Elle est en fait victime d’un Etat mal organisé et clientéliste, et d’institutions européennes inadaptées à une attaque de sphère financière. L’évasion fiscale, en premier lieu des grandes fortunes, mine la capacité de financement de l’Etat Grec. En plus, la Grèce a, du fait
de son conflit latent avec la Turquie, un budget militaire hypertrophié. Pour retrouver un équilibre, il faut à la fois un changement des institutions européennes, faire le choix de la paix et se doter d’une véritable administration fiscale non corrompue.
Regards.fr : Une société post-croissance est-elle compatible avec le capitalisme financier ?Â
Jean Gadrey : Non. On ne voit pas comment une société qui valoriserait d’abord les biens communs naturels et sociétaux pourrait être soumise à la loi de la valeur pour l’actionnaire et à son court-termisme intrinsèque. Les deux conditions à réunir ne sont pas en premier lieu écologiques. Il faut en priorité arraisonner la finance et réduire les inégalités.
Philippe Askenazy : Le capitalisme financier montre ses limites. On voit bien avec les crises de la dette des Etats que ce capitalisme devient antidémocratique et empêche les Etats de construire un nouveau modèle de progrès pour la société. La question de la finance n’est donc plus celle de la croissance ou de la post-croissance, mais tout simplement une question démocratique. Et enfin, comment la France peut-elle sortir de la logique « croissanciste » au vu des contextes européen et mondial ?
Regards.fr : Quel serait le prix à payer ?
Jean Gadrey : Le prix à payer sera bien plus élevé si l’on reste prisonnier du culte de la croissance, mais malheureusement les générations futures ne votent pas. C’est à nous de les représenter. Quant aux moyens financiers à réunir pour lancer vite le chantier des transformations écologique et sociale, et des dettes accumulées, nous les avons largement. J’estime pour ma part que 4 à 5 points de PIB, soit 80 à 100 milliards
d’euros, sont récupérables chaque année en prenant l’argent là où il est, du côté des rentes et des niches pour privilégiés, et de la spéculation. Aucun besoin de croissance pour cela !
Philippe Askenazy : Je ne pense pas que la France puisse sortir de la logique « croissanciste ». La France a une croissance démographique soutenue, qui commande une croissance économique si l’on veut maintenir le
niveau de vie de la population ; la redistribution sera insuffisante. Mais, c’est au politique de prendre l’initiative pour en supprimer les aspects les plus délétères, une forme de conversion.
Hollande, Ayrault, Notre-Dame-Des-Landes sera votre Larzac
Propositions du Mouvement des Objecteurs de Croissance dimanche 21 octobre 2012, par Christian Sunt
Appel à l’ensemble des mouvements qui s’opposent au projet destructeur de Notre Dame des Landes.
Les Objecteurs de croissance ne feront pas un communiqué de soutien de plus à la lutte d’occupation de Notre-Dame-Des-Landes. Pourtant nous en aurions la légitimité, beaucoup d’habitants de la ZAD sont objecteurs de croissance ; c’est à NDDL que nous avons, avec d’autres, lancé l’Appel "Relocalisons", pour que se créent des Collectifs pour la Relocalisation et la Sauvegarde des terres vivrières.
Mais il faut maintenant que l’ENSEMBLE de ceux qui soutiennent la lutte à NDDL se rassemblent sur un texte commun pour marquer notre détermination contre l’absurdité productiviste du gouvernement Ayrault.
Ensemble il faut agir !
SI le PS et Vinci nous délogent, nous délogerons Vinci et le PS ! Créons partout des Collectifs de soutien à la lutte des paysans et habitants de NDDL Préparons des actions sur ce sujet et tant d’autres pour le (Contre-)Congrès du PS, à Toulouse du 26 au 28 octobre.... Proposez et annoncez vos actions : contact@contrecongresps.org
La coopérative du Mouvement des Objecteurs de Croissance
contact@ml.les-oc.info
http://www.les-oc.info/
Le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, destiné à remplacer en 2017 l’actuel aéroport de Nantes Atlantique, a été validé par l’État et les collectivités locales socialistes. Celui-ci est devenu le symbole des Grands
Projets Inutiles Imposés (GPII).
8 mai 2012 un accord avait lieu entre une délégation du parti socialiste de Loire-Atlantique et des paysans alors en grève de la faim, qui s’opposaient aux expropriations et expulsions des terres de Notre-Dame-des-Landes. Un moratoire stoppait alors toute expulsion et suspendait les travaux. L’engagement était pris qu’ils pourraient rester dans leurs fermes jusqu’à la fin des derniers recours concernant les procédures engagées.
16 octobre 2012 : les occupant-e-s de la ZAD (Zone A Défendre), et des soutiens extérieurs, résistent aux expulsions et tentent de réoccuper les lieux vidés de leurs habitant-e-s. Les forces militaires en présence sont d’une ampleur sans précédent et lancent chaque jour des opérations de grande envergure afin de les en empêcher. Le silence des médias restent assourdissant.
L’abus de la violence légitimé par le gouvernement est inquiétant. Les protestataires sont inondés de gaz lacrymogène, les interpellations se font à tour de bras, comme si agir manu militari était l’unique alternative de notre société dite démocratique.
Au-delà du soutien physique, moral, politique que le Parti Pour La Décroissance apporte à cette résistance légitime, pour la préservation d’un vaste territoire de bocage unique et de terres agricoles, se perpétue la question de la légitimité de ces trop nombreux grands projets inutiles imposés et nuisibles (LGV, autoroutes, EPR, Laser Mégajoule...).
Dominique Fresneau, président de l’Acipa, principale association d’opposants le rappelle si bien : "Nous comptons en France déjà 145 aéroports (contre 47 en Allemagne, 37 en Angleterre)" ...sommes-nous à ce point obstinés à dilapider l’argent public dans la poursuite de tous ces projets pharaoniques sur la pure spéculation de besoins futurs ?
En fait, il est fort vraisemblable que l’aérien commercial tel que nous le connaissons ait disparu bien avant que cet aéroport soit terminé. L’enjeu aujourd’hui n’est plus de gaspiller toujours plus de pétrole mais bien de nourrir la planète !
Présentés comme le progrès en marche, alors même que de nombreux experts contestent leur viabilité économique et leur utilité réelle, ces projets ne reflètent que l’organisation d’une société souhaitée par une petite minorité. En prônant une pleine jouissance des ressources planétaires, par le pillage, la destruction des écosystèmes, de la terre nourricière, le capitalisme nous bouscule vers des logiques imposées de « maldéveloppement ». Non, « plus » n’est pas forcément mieux, encore moins lorsqu’il est sans rapport avec les besoins réels de la population. Les intérêts économiques en jeu derrière tous ces grands projets mégalomaniaques, posent de véritables questions : pour quoi ? et pour qui ? Nombreux sont ceux qui sous-estiment leur dangerosité, dénonçant simplement les nombreux artifices d’une législation de plus en plus contraignante, destinée à offrir de vaines garanties écologiques et incitant au greenwashing.
Il existe plusieurs manières d’aménager nos territoires ou de penser nos organisations collectives. Par l’expérimentation concrète, de nombreux collectifs deviennent force de proposition. De véritables contre-exemples prennent vie tout en répondant à la satisfaction des besoins sociaux. Plaçons-nous du côté du bon usage, de la frugalité, de la gratuité (des transports publics, de l’eau...), osons des actes de désobéissance qui interrogent nos concitoyens, allons jusqu’au bout de la critique par l’invention de nouvelles pratiques (jardins partagés, AMAP, slow food, accueil-paysan...) à opposer à chaque nouveau GPII qui se présente près de chez nous ! Montrons combien l’argent gaspillé pourrait permettre d’élargir le champ des possibles quant « au mieux vivre », pour chacun d’entre nous.
Des petits projets utiles au lieu des grands projets inutiles. D’autres solutions sont possibles, soyons créatifs et construisons une alternative à ces projets mégalomanes et initions une transition vers de nouveaux modèles de sociétés soutenables et souhaitables.
Dès maintenant, nous appelons l’ensemble des mouvements qui s’opposent au projet destructeur de Notre Dame des Landes, ainsi que les objecteurs de croissance qui le peuvent, à créer partout des collectifs de soutien à la lutte des paysans et habitants de NDDL. Enfin, il y a cette lettre contre les Grands Projets Inutiles Imposés (GPII) que vous pouvez envoyer au président de la république. Plus de détails ici.
Parti Pour La Décroissance
contact@ml.partipourladecroissance.net http://www.partipourladecroissance.net/
D’autres informations : « Notre victoire ne sera pas militaire, elle ne peut être que politique » :http://www.bastamag.net/article2710.html Les anti-Ayrault avaient pourtant voté Hollande : http://www.partipourladecroissance....Les Grands projets inutiles imposés :http://paularies.canalblog.com/page... L’art des grands projets inutiles : http://www.monde-diplomatique.fr/20...
Hollande et les jeunes : http://reporterre.net/spip.php?arti...Assourdissant silence médiatique sur la guerre civile contre l’écologie à l’Ayraultport de Notre-Dame-des-Landeshttp://www.superno.com/blog/2012/10...
Bridget Kyoto : le nanéroport http://youtu.be/WYqbHXj0Wh4
FLASH INFO
sur les expulsions jeudi 18 octobre ici :https://zad.nadir.org/spip.php?arti...
Voir en ligne : https://zad.nadir.org/
Le stationnement en double file à Nice
Source le Monde de  Olivier Razemon, relayé par: CARFREE.fr
On ne sait pas vraiment qui a inventé le stationnement en double file, mais les niçois sont devenus peut-être les spécialistes mondiaux du phénomène. A tel point qu’une étudiante de géographie vient de leur consacrer un mémoire de Master.
Le stationnement en double file, tout le monde connaît. Il n’y a pas de places pour se garer ou alors c’est trop loin (« je ne vais quand même pas faire 300 mètres à pied!« ), alors je me gare en vrac, en double file, parfois avec clignotants allumés voire même les warning histoire de dire que je reviens bientôt… ou pas!
C’est une forme de stationnement qui réussit le tour de force de gêner à la fois les véhicules déjà garés sur une place « normale » de stationnement (car ils ne peuvent plus sortir) et les véhicules qui circulent car le stationnement en double file a la particularité de confisquer une file de circulation qui n’est pas a priori destinée au stationnement des voitures.
On connaît bien cette pratique dans la plupart des grandes villes. A vrai dire, cela ne gène pas vraiment la circulation des piétons et des cyclistes, mais surtout les voitures. Ceci dit, cela participe de l’engorgement bagnolesque dont souffrent les villes. Il y a déjà des voitures partout, en particulier des rues remplies de voitures en stationnement, mais cela ne suffit pas, il faut en plus que les voitures se garent en double file!
En fait, cela démontre surtout une fois de plus l’inefficacité intrinsèque de l’automobile en terme de mode de déplacement. Une voiture passe environ 95% de son existence à l’arrêt, en situation de stationnement. Or, une voiture occupe grosso modo un espace de 10m². Multipliez par le nombre de voitures en circulation et vous avez une idée de la place nécessaire pour stocker tous ces véhicules.
Le problème, c’est que l’espace urbain n’est pas extensible à l’infini. Une ville est composée de bâtiments entourés par des rues d’une certaine largeur… Quand on regarde la répartition spatiale des rues, on constate que la quasi-totalité des surfaces est déjà affectée à la voiture. Sauf à détruire le tissu urbain existant et à créer des artères de 100 mètres de large entre chaque façade, il faut faire avec l’espace disponible.
Une autre solution, plus réaliste, consiste à repenser le système dans sa globalité, en limitant fortement la place de la voiture en ville, en développant les voies piétonnes, les pistes et bandes cyclables, les transports en commun et les parking-relais. C’est la solution la plus efficace dans les vieilles villes européennes.
Le problème, c’est qu’il y a des vieilles villes européennes dirigées par des élus qui ont une conception américaine de la mobilité (une bagnole pour tous et tous en bagnole).
C’est le cas par exemple à Nice, dirigée par l’ex-motoministre Christian Estrosi. Dans cette ville, il n’est pas question d’alternative à la voiture. Donc, on se retrouve avec toujours plus de voitures qui viennent engorger le centre sans aucune solution viable de stationnement.
C’est là que ça devient intéressant. A Nice, les automobilistes pratiquent donc massivement le stationnement en double file, comme ailleurs sans doute, mais avec une spécificité qui fait l’objet d’un mémoire de Master en géographie.
Les Niçois ont en effet mis en place de façon tout à fait informelle un système pour rendre le stationnement en double file acceptable (par tous les automobilistes). Le fautif place systématiquement un papier sur son pare-brise avec son numéro de téléphone portable. Comme ça, en cas de problème, l’automobiliste bloqué peut appeler le fautif qui vient bouger sa voiture.
En langage scientifique, on appelle cela un système auto-organisé. Les automobilistes se prennent en main de manière non concertée et mettent au point un système permettant de gérer la pénurie de places de stationnement, le tout avec l’accord tacite de la municipalité qui tolère très largement le stationnement en double file.
Et si la municipalité tolère ce qui est pourtant un système reposant sur l’infraction généralisée de tous, c’est qu’elle n’a rien de mieux à proposer. Aucune proposition alternative pour limiter le nombre de voitures, ou développer l’usage des transports en commun ou du vélo par exemple.
D’ailleurs, on plaint les niçois car ils semblent ne même pas avoir de pistes cyclables sur lesquelles ils pourraient garer leur voiture! Ils sont obligés de se garer en double file! Si c’est pas la misère…
Et certains automobilistes qui pratiquent le double-filisme à Nice ont des discours complétement ahurissants qui apparaissent au bout du compte très drôles, même si la situation générée par le tout-bagnole à Nice est elle par contre moins drôle.
Olivier Razemon, du journal Le Monde, a relevé cette perle:
« Ainsi, ce médecin généraliste, « 45-50 ans », qui se gare en double file lors des visites effectuées à domicile. « C’est impossible de se garer, le stationnement en double file est une particularité de Nice », déclare-t-il. L’homme, qui conduit une Audi, n’a « presque jamais été embêté » par la police, même s’ « il y a des abrutis », déclare-t-il à Mme Aldoma en évoquant apparemment les fonctionnaires de police. En-dehors de ses heures de travail, ce médecin dit ne pas utiliser le stationnement en double file, « sauf, comme tout le monde, pour aller acheter le pain ». »
Magnifique contradiction qui en dit long sur le mode de pensée de l’automobiliste moyen.
Par contre, ce que ne dit pas le mémoire de géographie en question, c’est l’inanité d’un tel système. Il est présenté comme un système servant de palliatif aux insuffisances de la municipalité, une « solution optimale » pour garer le maximum de voitures dans un espace contraint.
Sauf que ce système n’est pas viable sur la durée. Car, en matière automobile, toute nouvelle offre, légale ou pas, génère intrinsèquement les conditions de sa future congestion.
C’est comme pour les routes; si vous construisez une nouvelle route pour doubler une route existante saturée de voitures, cela crée une amélioration temporaire. Donc, les gens ont encore plus intérêt à prendre la voiture, ce qui finira par saturer la nouvelle route et posera la question de créer une nouvelle troisième route…
En stationnement, c’est identique, si vous offrez plus de places de stationnement en ville, vous améliorez provisoirement la situation, mais cela crée très rapidement un appel d’air pour toujours plus de voitures qui viendront en ville en quête de places de stationnement. Résultat: plus aucune place de disponible.
Conclusion, le développement du stationnement en double file est une solution auto-organisée temporaire qui permet de garer encore plus de voitures à nombre de places constant. Au bout d’un certain temps, si aucune alternative à l’automobile sérieuse n’est proposée, tout le système sera bloqué: les places de stationnement seront occupées de manière quasi-permanente, les places en double file aussi, et les autres voitures tourneront en ville à la recherche d’une place de stationnement…
C’est alors que se développera le système du stationnement en triple-file…
Stationner en double file à Nice : analyse d’un système issu d’une solution individuelle
Aldoma A.
Mémoire de Master 1 – 27/09/2012, Frédéric Audard (Dir.), Sébastien Oliveau (Pres.)
Stationner en double-file sans risquer le PV, Olivier Razemon, Le Monde.